Les forges du Saint-Maurice (situé à 5 minutes du camping)

On connaissait depuis le XVIIe siècle la richesse en minerai de fer des régions des Trois-Rivières, du Cap-de-la-Madeleine et de Batiscan. Une seigneurie le long de la rive sud-ouest de la rivière des Trois-Rivières, au nord de la ville du même nom, est concédée à Maurice Poulin, sieur de Francheville. Ainsi, la seigneurie et la rivière deviendront connues sous le nom de Saint-Maurice.

Les Forges Saint-Maurice sont fondées par François Poulin de Francheville, qui obtient le 25 mars 1730 un monopole d'exploitation de 20 ans. Il crée en 1733 la Compagnie des Forges de Saint-Maurice. Le maître de forges François-Pierre Olivier de Vezain, originaire de Champagne, en est le premier directeur et met en chantier un établissement de forges complet. Les bâtiments et installations sont construits dans la seigneurie de Saint-Maurice, près de la rive du Saint-Maurice et d'un ruisseau qui s'y jette.

Pour l'établissement industriel, on fait venir des ouvriers spécialisés, en particulier des régions de Champagne et de Bourgogne, réputées à l'époque pour leurs forges. Ces ouvriers et leurs familles donneront naissance au village des Forges, où vivaient plus de 400 personnes, formant une communauté originale.

Parmi les investisseurs importants, dans la compagnie des Forges du Saint-Maurice, le directeur de la Ferme d'occident, François-Étienne Cugnet, qui reforme le 16 octobre 1736 une nouvelle compagnie l'associant à Ignace Gamelin, François-Pierre Olivier de Vezain, Jacques Simonet d’Abergemont, son protecteur l'intendant Gilles Hocquart, et un autre maître de forges français, Thomas-Jacques Taschereau. Entre 1735 et 1741, les coûts d’établissement et d’exploitation s’élevèrent à 505 356 livres soit quatre fois plus que les reçus des ventes et de la production, qui totalisaient 114 473 livres. Poursuivi par les créanciers, Cugnet se déclara en faillite personnelle en 1741.

Le manque de capitaux privés occasionna plusieurs demandes d’aide à l’État français: Cugnet et ses partenaires reçurent une avance initiale de 100 000 livres, qui devait être remboursée à même la production. De plus, un marché se trouvait garanti par les chantiers navals du roi à Québec, ainsi que par ceux de Rochefort en France. Si les prévisions avaient été justes, les associés se seraient trouvés dans la position enviable d’avoir financé leur industrie avec les subventions de l’État, sans avoir eu à investir leur propre argent.

Les Forges deviennent propriété du roi en 1742. Après la conquête du Canada, elles passent sous propriété de la Couronne britannique, qui les accorde à bail à des industriels britanniques, pour lesquels travaillent des ouvriers canadiens-français. Les forges furent fermées définitivement en 1883. Le site fut abandonné pendant près d'un siècle.

Le ministère des Affaires culturelles du Québec acquiert le site en 1963. Il le cède au gouvernement fédéral du Canada en 1973

Sources :

Lieu historique national du Canada des Forges-du-Saint-Maurice [archive], sur les lieux patrimoniaux du Canada (consulté le 1er septembre 2010) ameriquefrancaise.org

http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=1287&&PHPSESSID=ychzfqkvzape [archive]